Laurent Desprez Les blogueurs américains sévèrement encadrés | Laurent Desprez, Expert SEO, Expert e-commerce, freelance
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Les blogueurs américains sévèrement encadrés

Les internautes qui testent des produits obtenus gratuitement ou qui publient des billets «sponsorisés» en échange de rémunération devront le stipuler, sous peine de très fortes amendes.

 

Les blogueurs américains vont devoir passer aux aveux. A compter du 1er décembre, ils auront l’obligation de mentionner clairement dans leurs billets les liens qui peuvent les unir avec ces marques qui, dans le cadre de leurs campagnes de promotion, les arrosent de produits et de services gratuits. Censées garantir la transparence sur internet et lutter contre la publicité déguisée,

ces nouvelles règles ont été adoptées à l’unanimité lundi par la Commission fédérale du commerce américain (FTC), l’organisme chargé de la protection des consommateurs. En cas d’oubli, les amendes pourront atteindre 11.000 dollars.

Dans un document de 81 pages, la FTC livre une série d’exemples. Un blogueur spécialisé dans le jeu vidéo, à qui un éditeur fait parvenir un titre, devra par exemple signaler dans son test qu’il a obtenu le jeu gratuitement, dès lors qu’il livre dessus une critique positive. Même chose pour une blogueuse enthousiasmée par des crèmes pour la peau et pour les célébrités, également soumises à ce régime sur leurs pages Facebook et Twitter. Enfin, les billets sponsorisés, ces textes promotionnels payés par les marques qui s’apparentent aux publi-reportages publiés dans la presse, devront aussi être clairement identifiés.

Avec ces nouvelles directives, exigées de longue date par les associations de consommateurs, la FTC a divisé la blogosphère. Certains, comme Matt Cutts, ingénieur chez Google, y voient une bonne nouvelle, à même d’apporter davantage de crédibilité aux blogs. D’autres, tel Jeff Jarvis, chantre des nouveaux médias, jugent les contraintes bien trop importantes. «Beaucoup de ceux qui bloguent ne pensent pas un instant qu’ils font du journalisme», écrit-il, doutant que ces règles soient un jour applicables. Même son de cloche chez Wired, qui trouve les recommandations «confuses et ambigües». «Le gouvernement doit vous protéger de ces dangereux blogueurs», ironise Business Insider.

Une loi existe en France

Le pouvoir de recommandation et de publicité des blogs, proches des internautes, est pourtant bien réel. Et les marques, qui les ont très tôt intégrés dans leurs stratégies de communication, ne l’ignorent pas. Alors que les médias traditionnels disposent de chartes éthiques, la FTC estime que c’est à elle d’encadrer cette nouvelle pratique. Face à cette vague de critiques, l’agence a pris soin de préciser que seuls les blogueurs déjà avertis risqueront une amende. Avouant ne pas avoir les moyens de tout contrôler, elle espère surtout que la pratique se régulera d’elle-même. Bref, les sanctions seront rare.

Ces règles inspireront-elles malgré tout la France ? La question des cadeaux n’est pas tranchée, mais la loi impose déjà que les contenus publi-rédactionnels soient signalés comme tels dans les médias, blogs compris. En fait, le débat porte moins sur des questions éthiques que financières. Les sommes gagnées par les blogueurs, grâce aux messages sponsorisés et plus généralement à la publicité, sont en effet soumis à l’impôt. «Il vous appartient de procéder aux formalités déclaratives auprès des organismes fiscaux et de sécurité sociale compétents», rappelait la plate-forme publicitaire eBuzzing en juin.

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