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Il critique Michelin sur internet : licencié

Les faits se sont déroulés en mars. Ils concernent l’usine de Cholet du fabriquant de pneumatiques. La sanction est tombée en décembre. : Archives Ouest-France – Franck Dubray

Un ouvrier licencié, un autre mis à pied, à Cholet. La section CGT du fabricant de pneumatiques dénonce une atteinte à la liberté d’expression.

Chez Michelin, on n’aime pas trop que les salariés se défoulent sur internet. Deux salariés de l’usine de Cholet, dans le Maine-et-Loire, qui s’étaient exprimés dans un forum, sur un site de réseau social, l’ont appris à leurs dépens. Jacky (prénom d’emprunt) n’a pas fait dans la dentelle. « Boulot de bagnard ! » Et, après quelques délicatesses, de traiter Michelin d’« exploitateur » (sic). Licencié. Nicolas (prénom d’emprunt également) a fait plus soft. « Production, production, mais fiche de paie toujours pareil. » Il a conclu avec un « mdr » que tout internaute traduit par « mort de rire ». Trois jours de mise à pied. « C’est scandaleux. On sanctionne un délit d’opinion », dénonce la CGT, qui porte l’affaire devant les prud’hommes. L’audience de conciliation aura lieu le 6 février à Angers. La CGT demande la réintégration de l’ouvrier licencié, l’annulation de la sanction pour le second, ainsi que des dommages et intérêts. « Taisez-vous ! » « Par vos propos, vous portez atteinte à la réputation de l’entreprise, vous discréditez votre employeur envers lequel vous avez une obligation de loyauté », dit le responsable du personnel de l’usine, dans les lettres envoyées aux deux salariés. La direction de l’usine n’a pas voulu, hier, « commenter une décision prise ». La CGT s’appuie sur un article du Code du travail qui garantit la libre expression des salariés. « D’autant plus, rappelle Robert Cerisier, responsable syndical à l’union locale, que ces commentaires ont été écrits de chez eux ! » Il rappelle aussi la jurisprudence : un ouvrier de chez Dunlop avait été licencié pour avoir critiqué ses conditions de travail dans le journal L’Humanité. Après une longue bataille judiciaire, il a été réintégré. Il y a bien sûr des limites. La liberté d’expression ne peut basculer dans l’injure ou la diffamation. C’est au juge de déterminer s’il y a eu abus ou non. Les commentaires des deux ouvriers de Michelin remontent au mois de mars. Ils ont été sanctionnés en décembre. Jacky était en arrêt de travail depuis juin, après, dit-il, une série d’avertissements et de mises à pied. « Je ne supportais plus. » Nicolas a eu un accident de travail fin octobre. En reprenant le travail, il souffrait du dos et a été à nouveau arrêté. « Mon responsable n’a pas voulu en tenir compte et m’a demandé de revenir travailler. » « Michelin adresse un message aux salariés, conclut la CGT : Taisez-vous ! »